Chamois et bouquetins : la faune de la Dent d'Oche
Disparu au XIXe siècle, revenu en 1978, le bouquetin est aujourd'hui partout sur le massif. Comment le reconnaître, et où le croiser.

Sur le sentier de la voie normale, entre les alpages et le col de Rebollion, il n’est pas rare de croiser un troupeau qui ne bouge pas d’un poil au passage des randonneurs. Voici qui vit vraiment sur ce massif.
Le bouquetin, revenu de loin
Traqué pour sa chair, ses cornes et les pouvoirs magiques qu’on lui attribuait autrefois, le bouquetin avait pratiquement disparu des Alpes françaises au XIXe siècle. Les derniers survivants s’étaient réfugiés dans le massif du Grand-Paradis, en Italie. Il n’est revenu sur la Dent d’Oche qu’en 1978, par un lâcher de cinq femelles et trois mâles. Depuis, la population a explosé : plus de mille cinq cents individus aujourd’hui entre le Grammont, la montagne d’Oche et les Cornettes de Bise.
Un mâle adulte pèse jusqu’à cent vingt kilos, une femelle quatre-vingts. Sa stabilité sur le rocher tient à ses sabots, dont la semelle souple s’écarte pour épouser chaque prise. Peu farouche, il se laisse approcher, ce qui explique pourquoi il est devenu la rencontre la plus commune sur le sentier.
Le chamois, plus discret
Plus svelte, plus proche de l’antilope, le chamois est nettement plus méfiant que le bouquetin : il repère le moindre danger et le signale d’un chuintement caractéristique. En été, il paît tôt le matin dans les alpages avant de se réfugier l’après-midi sur des vires herbeuses hors de vue. Le croiser demande donc un peu plus de patience, ou une montée matinale.
L’aigle, le chocard, et le loup
L’aigle royal, protégé depuis 1972, plane au-dessus du massif avec ses deux mètres trente d’envergure. Plus près du sol, le chocard à bec jaune tourne en escadrille autour du refuge et vit jusqu’à onze ans : il s’invite volontiers aux pique-niques, mais il ne faut surtout pas lui donner de pain, il ne digère pas le gluten.
Le loup, lui, est revenu officiellement dans les Alpes françaises en 1992. La montagne d’Oche l’observe depuis 2019, avec des attaques qui ont marqué les alpages voisins : vingt-six brebis tuées au Château d’Oche cette année-là, ce qui a mis fin à l’exploitation de cet alpage isolé. Le sujet divise profondément la vallée, entre éleveurs et défenseurs du prédateur.
Comment se comporter
Bouquetins et chamois s’habituent au passage sur le sentier, mais restent des animaux sauvages. On les regarde depuis le chemin, sans les approcher ni les nourrir, et les chiens restent tenus en laisse : en hiver surtout, la moindre fuite leur coûte des réserves qu’ils ne retrouvent pas.


